Guide · Intelligence artificielle
L'IA pour les professionnels de l'accompagnement : usages, skills, cadre 2027
En 2027, l'IA change trois choses dans le quotidien d'un coach, d'un consultant en bilan de compétences ou d'un consultant en reclassement : le temps passé à préparer, à structurer ses notes et à rédiger ses documents diminue ; la responsabilité, elle, ne bouge pas. Chaque écrit reste relu et assumé par le praticien, le contenu des séances ne sort jamais vers un assistant généraliste sans anonymisation ni consentement, et aucune décision sur une personne n'est déléguée à un outil.
Sept branches, une page par tâche · les disques pleins ont déjà un skill disponible
Sommaire · Ce que l'IA change, et ce qu'elle ne change pas
Ce que l'IA change, et ce qu'elle ne change pas
L'IA est utile sur les tâches répétitives qui entourent l'accompagnement : relire un contrat avant une séance, transformer des notes brutes en compte rendu, assembler une synthèse de bilan à partir de trois phases, rédiger une proposition ou une fiche de poste, vérifier qu'un texte ne contient plus rien d'identifiant. Dans chacun de ces cas, elle produit un brouillon ; le praticien décide de ce qu'il en garde.
Elle ne change pas ce qui fait le métier : la relation, l'écoute, la décision de suivre ou non un fil, la responsabilité devant le bénéficiaire et devant le commanditaire. Elle ne doit pas non plus prendre en charge ce que les codes de déontologie et la loi lui interdisent : dialoguer avec un bénéficiaire à la place du praticien, noter ou classer une personne, recevoir des données de santé ou des données sensibles.
Le temps gagné n'est pas mesuré ici : aucun chiffre sérieux ne vaut pour tous les métiers. La bonne mesure est la vôtre, sur dix séances, avant et après.
Six branches, une page par tâche
Le guide est organisé par métier, puis par tâche : chaque page feuille traite une tâche précise, avec ses étapes, ses limites et un skill téléchargeable. Il n'y a pas de page « par type de coach » : la tâche est la même pour un coach de dirigeants et un coach de carrière.
- Coachs
- préparer une séance (page disponible), structurer des notes de séance, rédiger un contrat tripartite, écrire un bilan de fin d'accompagnement, préparer une supervision, rédiger une proposition commerciale. Les cinq pages suivantes arrivent au fil des semaines.
- Bilan de compétences
- document de synthèse, trame des trois phases, preuves Qualiopi, plan d'action post-bilan. À venir.
- Outplacement et reclassement
- bilan de positionnement, dossier de candidature, rapport de phase. À venir.
- Cabinets RH
- fiche de poste, compte rendu d'atelier collectif. À venir.
- Formateurs
- individualiser un parcours sans effacer le formateur, en lien avec le guide sur l'innovation dans les organismes de formation. À venir.
- Transversal
- informer et recueillir le consentement (page disponible), anonymiser des notes avant tout usage (page disponible) ; puis charte d'usage, registre des systèmes et mentions de transparence, à venir avec la page consacrée à l'AI Act.
La bibliothèque liste les vingt et un skills prévus et leur état.
Trois règles d'usage qui traversent tout le guide
Elles traversent tout le guide et chaque skill.
- Données. Rien ne sort vers un assistant généraliste sans avoir été anonymisé : codes stables pour les personnes et les entreprises, suppression pure et simple des données de santé et des données sensibles, table de correspondance conservée hors de l'outil. Avant le premier usage, trois réglages à vérifier : l'entraînement du modèle sur vos données, la durée de rétention, le lieu de traitement.
- Décision humaine. L'IA produit des brouillons et des trames ; elle ne note pas, ne classe pas, ne sélectionne pas, ne recommande pas une embauche ni une orientation. Le praticien relit et assume chaque document, et le dit à ses bénéficiaires.
- Traçabilité. Chaque résultat a un lieu : le contrat signé, le dossier du bénéficiaire, le rapport de phase, la pièce d'audit. Un document daté, relu et rangé vaut plus qu'un texte brillant dans une conversation qui sera effacée.
Le cadre légal et déontologique en quatre paragraphes
- TransparenceAI Act, article 50
- Depuis le 2 août 2026, un contenu généré par IA publié pour informer le public sur un sujet d'intérêt public doit être signalé, sauf s'il a fait l'objet d'une revue éditoriale humaine assumée par une personne nommée ; les contenus synthétiques réalistes doivent être marqués. Pour un praticien, la conséquence pratique est simple : une mention éditoriale nominative sur ce qu'il publie, et une information claire de ses bénéficiaires sur ses usages.
- Haut risqueAI Act, annexe III
- Le recrutement, la sélection et l'évaluation des travailleurs, ainsi que l'accès à la formation professionnelle, relèvent des systèmes à haut risque ; les tâches purement préparatoires (planifier, structurer, relire un texte rédigé par un humain) en sont exemptées tant qu'il n'y a aucun profilage de personnes. C'est la ligne de conception de tous les skills de ce guide : préparer et rédiger, jamais noter ni sélectionner.
- DonnéesRGPD
- Le praticien qui confie des informations à un outil d'IA reste responsable du traitement ; l'éditeur de l'outil est son sous-traitant, avec un contrat qui doit le dire. Minimisation, information des personnes, durée de conservation et transferts hors de l'Union s'appliquent comme pour tout autre outil. Une page consacrée à l'AI Act et une page consacrée à la confidentialité, au RGPD et à la souveraineté sont en préparation ; elles seront relues par un juriste avant publication.
- DéontologieICF, EMCC, Syntec Conseil
- Le Code d'éthique ICF 20258 demande de remplir ses obligations « directement et à travers tout système technologique » (standard 2.5), de tenir, stocker et détruire ses enregistrements de façon à protéger la confidentialité (2.4) et de convenir par avance des limites de celle-ci (2.3). Le Global Code of Ethics v43 (EMCC et onze associations signataires) ajoute la conservation des données selon la loi du pays du client et l'examen en supervision des dilemmes posés par l'IA. Pour l'outplacement, le code de déontologie Syntec Conseil13 soumet le consultant au secret professionnel sur le contenu des entretiens (art. 17).
La bibliothèque de skills
Un skill est un fichier d'instructions réutilisable que vous installez dans votre assistant (format SKILL.md pour Claude, instructions de projet pour ChatGPT). Chaque skill fait une tâche, nomme ses limites, contient une clause de divulgation de l'usage de l'IA à destination de vos bénéficiaires, et se termine par la question « où va ce résultat ? ».
Trois skills sont disponibles aujourd'hui, gratuits contre votre adresse e-mail : Informer et recueillir le consentement, Anonymiser des notes avant usage IA et Préparer une séance de coaching. Dix-huit autres sont prévus ; la bibliothèque tient la liste à jour.
- 01Information et consentement IA
Rédiger la clause de divulgation de l'usage de l'IA (contrat, e-mail, site) et le consentement du bénéficiaire et du commanditaire, conçu pour respecter le standard ICF 2.5 et le Global Code of Ethics
LivrableClause contractuelle et e-mail d'information prêts à signer
Où va ce résultatContrat et signature électronique, dossier
Voir la méthode →Disponible - 02Anonymiser des notes avant usage IA
Pseudonymiser et retirer santé et données sensibles d'un texte avant de le confier à une IA
LivrableTexte anonymisé, table de correspondance conservée hors IA
Où va ce résultatPrise de notes nominative dans le dossier
Voir la méthode →Disponible - 10Préparer une séance
Relire le contrat et les notes précédentes, proposer un fil de séance
LivrableFil de séance : objectif, questions, points de vigilance
Où va ce résultatÉtape du parcours, note de préparation
Voir la méthode →Disponible
Règles de conception, valables pour tous : aucun score ni classement de personnes ; aucun skill sur le recrutement, la sélection ou l'évaluation de performance ; aucune donnée personnelle réelle dans les exemples ; une date de révision et un relecteur nommé dans chaque fichier.
Questions fréquentes
Un coach peut-il coller ses notes de séance dans un assistant d'IA ?
Pas telles quelles. Les notes doivent d'abord être pseudonymisées (codes pour les personnes et les entreprises) et vidées de toute donnée de santé ou sensible ; la table de correspondance reste hors de l'outil. Le bénéficiaire doit savoir que des notes anonymisées peuvent être traitées par un outil d'IA, et le plan utilisé doit exclure l'entraînement sur vos données.
Faut-il informer son client et le commanditaire de l'usage de l'IA ?
Oui. Le Code d'éthique ICF 2025 (standard 2.5) et le Global Code of Ethics v4 demandent de divulguer l'usage de la technologie et de protéger la confidentialité ; le RGPD impose d'informer les personnes sur le traitement de leurs données. Une clause dans le contrat et un e-mail d'information suffisent dans la plupart des cas.
Qu'est-ce qu'un skill ?
Un fichier d'instructions que vous ajoutez à votre assistant d'IA pour qu'il exécute une tâche précise de la même façon à chaque fois : entrées attendues, étapes, format de sortie, limites. Les skills de ce guide sont livrés en deux formats : SKILL.md (Claude) et instructions de projet (ChatGPT).
Les skills sont-ils gratuits ? À quelles conditions ?
Oui, contre votre adresse e-mail et votre métier, avec un consentement explicite. Vous recevez le skill, ses mises à jour et, au fil des semaines, les skills suivants de votre branche. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.
L'AI Act s'applique-t-il à un coach indépendant ?
Oui, comme à tout utilisateur professionnel d'un système d'IA dans l'Union européenne. En pratique : transparence sur les contenus générés (article 50, en vigueur depuis le 2 août 2026), interdiction de laisser un outil noter, classer ou sélectionner des personnes dans les domaines à haut risque (annexe III), et obligations générales du RGPD. Les usages préparatoires décrits ici restent hors du haut risque.
Où sont traitées mes données quand j'utilise un assistant d'IA ?
Cela dépend du fournisseur et du plan : lieu des serveurs, durée de rétention et entraînement sur vos conversations figurent dans ses conditions. Vérifiez ces trois points avant le premier usage ; une IA hébergée en Europe, sans entraînement sur vos données et intégrée à votre outil métier évite la question du copier-coller.
Sources
- Code d'éthique ICF 2025, étude de cas sur le standard 2.5 (technologie et IA), ICF, 2025
- Cadre et standards IA pour le coaching, résumé des rapports, ICF, novembre 2024
- Global Code of Ethics v4, EMCC Global et onze associations signataires, décembre 2025 (publication le 3 mars 2026)
- Règlement (UE) 2024/1689 (AI Act), EUR-Lex
- Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), EUR-Lex
- Intelligence artificielle : les recommandations de la CNIL
- Référentiel de compétences EMCC, version 2, septembre 2015
- Code d'éthique ICF 2025, International Coaching Federation (en vigueur le 1er avril 2025)
- Charte de l'outplacement individuel, Syntec Conseil
- Digital Ethics Guidelines v1.0, EMCC Global AI & Digital Centre for Excellence, juillet 2023
- Compétences clés ICF, mise à jour 2025, ICF, janvier 2026
- Code du travail, articles L6313-4 et R6313-4 à R6313-8 (bilan de compétences), Légifrance
- Code de déontologie des cabinets de conseil en évolution professionnelle, Syntec Conseil, septembre 2020
Et ce résultat, vous le mettez où ?
Et ce résultat, vous le mettez où ?
Un document produit dans un assistant généraliste finit dans un fichier, sans date, sans lien avec le dossier du bénéficiaire. Dans un outil métier, il devient une étape du parcours, horodaté, visible du bénéficiaire et, s'il y en a un, du financeur et exportable pour le reporting ou un audit Qualiopi. C'est ce que fait Nath, l'IA souveraine européenne de Teasio, avec vos données et sans copier-coller.
